L’information figure en Une du
quotidien L’Ouest-Éclair daté des 24
et 25 août 1941 « Communistes et
anarchistes seront justiciables de sections spéciales créées près des Cours
d’Appel ou des tribunaux militaires. La peine de mort pourra être prononcée et
les jugements seront immédiatement exécutables ». L’Ouest-Éclair ne dit pas à ses lecteurs que la création de ce
tribunal d’exception est la conséquence de l’attentat commis le 21 août à Paris
par le militant communiste Pierre Georges contre le jeune aspirant de la
Kriegsmarine, Alfons Moser. En effet, désireux de satisfaire à l’exigence
d’otages formulée par Hitler – la Wehrmacht souhaite fusiller 150 condamnés ou
internés administratifs, puis exige la condamnation à mort de dix communistes
notoires par les tribunaux français – Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur,
et Joseph Barthélémy, ministre de la Justice, mettent en place ces Sections
Spéciales par un texte de loi rédigé le 22 août, mais antidaté du 14 août 1941.
![]() |
L'Ouest-Eclair, 24-25 août 1941 |
Deux semaines plus tard, le 6
septembre 1941, L’Ouest-Éclair informe
ses lecteurs que la Section Spéciale de Rennes a tenu la veille sa première
audience, en la Chambre des Appels correctionnels à 10 heures « Les magistrats, par assimilation avec les
tribunaux militaires, dont le président, magistrat civil, siégeait en robe
rouge, ont également revêtu ce costume. Ce sont : MM. Le président Martin,
les conseillers Prigent et Billaud. Au siège du ministère public, est assis M.
le substitut général Garnier. » Et le journal d’expliquer en quoi
consiste cette juridiction nouvelle « M.
le substitut général Garnier, avec la compétence juridique qui le caractérise,
préalablement à son premier réquisitoire, définit le mécanisme de la loi du 14
août 1941 créant une juridiction spéciale pour la répression des faits de
propagande communiste et anarchiste. Précédemment, ces faits étaient réprimés
par le décret-loi du 26 septembre 1939. Ce dernier décret admettait les
circonstances atténuantes et le sursis. Les dispositions nouvelles les
suppriment. Le minimum de peine ne saurait descendre au-dessous d’un an
d’emprisonnement. Toutes les juridictions, déjà saisies de faits commis avant
la loi du 14 avril (sic…), publiée à l’Officiel du 23 du même mois, sont dessaisies
au profit de la juridiction nouvelle. Les affaires pendantes elles-mêmes ne
sont plus susceptibles d’appel et sont soustraite au principe de la
non-rétroactivité. Ce sera le cas des causes qui seront jugées à cette
audience, toutes antérieures au 14 août. Il est a remarqué également que le
maximum de cinq ans d’emprisonnement, prévu par le décret-loi du 26 septembre
1939, n’est plus limitatif. La loi prévoit, outre l’emprisonnement, les travaux
forcés à temps ou à perpétuité et même la mort. En tout cas, le Ministère
public escompte une répression sévère. »
Une juridiction sous contrôle des Allemands
Le 25 août 1941, les magistrats
avaient déjà été informés par une circulaire du Garde des Sceaux, Joseph
Barthélémy « Le Journal Officiel du
23 août 1941 publie une loi sur l’activité communiste ou anarchiste qui donne aux
Pouvoirs Publics les moyens nécessaires pour réprimer sans faiblesse ces
agissements criminels, quand bien même ceux-ci auraient été perpétrés avant la
promulgation de la loi. Loi qui comporte en premier lieu la création d’une
juridiction nouvelle. La compétence de la Section Spéciale s’applique à tous
les crimes et délits commis dans une intention d’activité communiste ou
anarchiste. La Section Spéciale peut infliger pour n’importe quelle infraction
une peine pouvant aller jusqu’à la mort. Elle comprend cinq membres, dont
l’un Président. Librement désignés par le garde des Sceaux. Pour statuer elle
doit comporter au moins trois membres. » Dans cette même circulaire
aux chefs de Cour, le ministre précise les critères de dévouement devant
faciliter le choix des membres des sections spéciales « Vous vous attacherez à faire porter votre
choix sur ceux qui vous seront connus par la fermeté de leur caractère et par
leur dévouement total à l’État. » Vichy donne une prime à la
répression à ceux qui veulent bien l’exercer, mais les candidats ne se
bousculent pas. Parfois c’est le ministre Barthélémy lui-même qui doit désigner
les membres de ces Sections Spéciales. Celle de Rennes est créée le 2 septembre
1941, jour de l’audience solennelle de rentrée de la Cour et des Tribunaux. Le
président est M. Martin, Président de Chambre. Les assesseurs :
Prigent ; Bouriel ; Billaud ; Lelièvre (conseillers). M. Lesage,
avocat général de la cour d’appel de Rennes et Garnier, substitut général, sont
désignés pour remplir les fonctions de Ministère Public. Lors de cette rentrée
solennelle, les magistrats ont tous prêté serment au maréchal Pétain.
La première audience se tient le 5 septembre avec la condamnation de quatre communistes pour propagande et détention de tracts. Le 12 septembre, ce sont à nouveau sept jeunes communistes qui sont condamnés à des peines de 18 mois à quatre ans de prison. Un seul, Raymond Bossard, est relaxé. Six de ces jeunes communistes seront déportés en 1943 et 1944.
![]() |
L'Ouest-Eclair, 13 septembre 1941 |
Le cadre juridique en place, il
ne reste plus au gouvernement de Vichy qu’à renforcer l’appareil répressif
contre les résistants communistes. C’est ainsi qu’au mois d’octobre 1941, Pierre
Pucheu crée le Service de Police anticommuniste (SPAC), police parallèle de
sinistre mémoire. Afin de rappeler qui reste le maitre en zone occupée, le
général Von Stülpnagel, commandant des forces militaires allemandes en France, écrit au Ministre de l’Intérieur Pucheu le 22 octobre 1941 :
« J’ordonne par la présente qu’à
partir d’aujourd’hui, tous les Français du sexe masculin qui sont arrêtés ou
seront arrêtés par les Autorités françaises pour activités communiste ou
anarchiste, de quelque nature que ce soit, devront être maintenues en état
d’arrestation par les autorités françaises, également pour le compte du
Commandant des Forces Militaires en France. Même si les motifs de l’arrestation
qui l’ont provoquée de la part des autorités françaises disparaissent, leur
libération ne pourra être possible qu’avec son accord. L’introduction d’une
procédure pénale, ou sa continuation à l’égard des intéressés devant les
Tribunaux Français, ne sera pas empêchée par mon ordonnance. Chaque chef
de circonscription administrative ou militaire devra recevoir chaque mois et
pour chaque département une liste des personnes visées par cette ordonnance.
Nom, prénom, date de naissance, dernier domicile, jour de l’arrestation,
autorité qui a fait procéder à l’arrestation, situation de famille, enfants,
activité politique ou anarchiste. Communication pour le 1er novembre
1941. » Inutile de dire que les manquements à cette ordonnance feront
l’objet de rappels à l’ordre. Notamment de la part de la Sicherheitsdienst
(SD), le service de sécurité de la SS. Ces communistes, s’ils peuvent de
surcroit être juifs, constitueront une intéressante réserve d’otages en cas de
nouvel attentat contre les troupes d’occupation. Le 22 juillet 1942, c’est la
préfecture d’Angers qui écrit au Procureur Général de la Cour d’Appel de Rennes
« J’ai l’honneur de vous faire connaitre
que le Commandant de la Police SD de la région d’Angers vient d’exprimer le
désir d’être tenu informé d’urgence par mes services des condamnations
réprimant les crimes et délits intéressant la sécurité publique ». Le 24
juillet 1942, c’est le Garde des Sceaux qui s’adresse à son tour au Procureur
Général de la Cour d’Appel de Rennes : « Le ministre de l’Intérieur vient d’appeler tout spécialement mon
attention sur l’intérêt que présente, dans les circonstances actuelles, la
communication à son Département des condamnations prononcées par les
juridictions répressives contre les individus poursuivis pour activité
communiste ou anarchiste, menées antinationales ou antigouvernementales, menées
terroristes et actes de sabotage. (Faire une notice succincte de chaque
condamnation). » Le 27 juillet 1942, le chef du SD, Kommando Rennes,
écrit lui aussi au Préfet Régional : « Je vous prie de bien vouloir aviser Mrs les Procureurs de la République
des quatre tribunaux d’Appel qu’ils doivent me fournir mensuellement une
liste des communistes condamnés par les Tribunaux Français, avec les
renseignements suivants… »
Lors de l’audience solennelle de
rentrée du 2 octobre 1942, M. Prigent, nouveau président, remplace M. Martin.
Assesseurs : M. Hervieu et M. Plessis. Le Procureur Général déplore
« L’inqualifiable attentat dont fut
victime M. Jacques Le Bras, juge d’instruction à Nantes, cité depuis à l’ordre
de la Nation. » Le 9 septembre 1942, en effet, un résistant nantais,
Raymond Hervé, est interrogé par le juge Le Bras, au palais de justice de
Nantes. Au courant de cette audition, trois de ses camarades de la Résistance
font irruption dans le cabinet du juge. Dans la confusion, le magistrat est
abattu et un gardien de la paix blessé. La presse locale et le maire de Nantes
vont se déchainer contre « Cette
bande d’assassins, de saboteurs, que sont les membres de l’organisation
terroriste du Parti Communiste ».
En 1943, une nouvelle loi étend
le champ d’application des Sections Spéciales à toutes les personnes favorisant
la Résistance, y compris celles qui s’en rendent complice « Loi du 5 juin 43 réprimant les activités
communistes, anarchistes, terroristes ou subversives. Il est institué dans
chaque cour d’appel une section spéciale à laquelle sont déférés les auteurs de
toutes infractions pénales quelles qu’elles soient, si elles sont commises pour
favoriser le terrorisme, le communisme, l’anarchie ou la subversion sociale et
nationale ou pour provoquer ou soulever un état de rébellion contre l’ordre
social légitimement établi. »
Le temps des représailles
![]() |
L'Ouest-Eclair, 11 octobre 1943 |
Lors de l’audience solennelle de
rentrée du 2 octobre 1943, M. Le Friec, président de Chambre, remplace M.
Prigent. Assesseurs : Hervieu, Housset, Plessis (conseillers) et Jarry,
juge. Durant l’année 1943, la Section Spéciale de Rennes a traité 35 affaires
pour 145 prévenus, ce qui correspond à la liste ci-jointe. Le 21 octobre, un
arrêté nomme de nouveaux juges : Louis Gauduchon, lieutenant-colonel,
adjoint au colonel commandant la 10ème légion de Gendarmerie de
Rennes ; Albert Bouillar, chef d’escadron, commandant la compagnie de
gendarmerie de Saint-Brieuc. Charles Pestel, commissaire divisionnaire à la
sécurité publique. Suppléants : Louis Duconge, capitaine commandant par
intérim la compagnie de gendarmerie à Quimper ; André Dufossey, capitaine
de gendarmerie de Rennes ; Fernand Morellon, commissaire divisionnaire aux
RG de Rennes (doit être remplacé). Le 1er mars 1944, le conseiller
Battaglini remplace le conseiller Housset qui remplaçait le conseiller Billaud.
Ces menaces réelles contre les
magistrats ont pour conséquence d’inciter ces derniers à limiter les
condamnations à mort. Face à cette distanciation des magistrats français, les
tribunaux allemands se saisissent de plus en plus des affaires importantes. De
son côté, jamais en reste face à l’occupant, le gouvernement de Vichy, par la
loi du 20 janvier 1944, va dessaisir les Sections Spéciales au profit des Cours
Martiales, organes administratifs chargés de rendre des décisions expéditives et
exemplaires.
![]() |
L'Ouest-Eclair, 14 mars 1944 |
Kristian Hamon
Section Spéciale : liste des condamné (es). Liste manuscrite, nombreuses erreurs de retranscription patronymique. |
|||
T.F. Travaux Forcés I.S. Interdiction de Séjour. Les peines sont toutes assorties d'une amende de 1 200 francs | |||
NOM | INCULPATION | DATE | PEINE |
Guéguen Ange | propagande communiste détention et | 05/09/1941 | 15 mois déporté |
Cruoud Joseph Cruaud | distribution de tracts traduisant une | idem | 5 ans mort en déportation |
Rialet Pierre | activité communiste | id | 3 ans déporté |
Heger Louis | idem | id | 1 an |
Piguel René lire Piguel | id | 12/09/1941 | 3 ans mort en déportation |
Coquillet Joseph lire Coquelet | id | id | 18 mois par défaut |
Coursier Jean lire Courcier | id | id | 30 mois déporté |
Le Cornec Raymond | id | id | 4 ans déporté |
Dinard Roger | id | id | 18 mois déporté |
Barbier Robert | id | id | 4 ans déporté |
Nolent Georges lire Volant Georges | id | id | 1 an |
Bassard lire Raymond Bossard | id | id | relaxe |
Feribault Maurice | propagande communiste | id | 15 mois |
Pochon Pierre | id + reconstitution de ligue dissoute | 10/10/1941 | 18 mois mort en déportation |
Coquillet Louis | id + distribution de tracts | id | 12 ans T.F. + 20 ans I.S. par défaut fusillé au Mont Valérien |
Chaillax Félix | activité communiste | 24/10/1941 | 3 ans |
Neveu Georges | id | id | 5 ans déporté |
Keroulec François Un des 5 frères Kersulec ? | propagande communiste | id | 15 ans T.F. + 20 ans I.S. par défaut |
Porbiel René | id + distribution de tracts | 31/10/1941 | 3 ans |
Delahaye Maurice | propos et chants de nature à exercer une | 08/11/1941 | 3 mois flagrant délit |
Baquelier André Bachelier ? | influence facheuse sur la population | id | id |
Prounost René Pronost ? | id | id | id |
Douart Gustave | activité communiste | 28/11/1941 | 1 an |
Cormault Homère | participation activité communiste | 09/01/1942 | 1 an |
Quiniou Alain | id | 16/01/1942 | 10 ans T.F. mort en déportation |
Henry Pierre | activité communiste | 24/02/1942 | 5 ans |
Guery Alfred | id | id | 18 mois |
Landais Pierre | id | 05/03/1942 | 2 ans |
Mentec Gaston | id | 15/04/1942 | 8 ans T.F. déporté |
Bodenan Félix | id | id | id déporté |
Le Filanchec femme Le Roux | id | 21/05/1942 | 1 an |
Goasguen Jean | id | id | 3 ans déporté |
Cariou femme Goasguen | id | id | 2 ans |
Touzé François | id | 04/06/1942 | 1 an |
Rouault André | tentative de meurtre sur inspecteur de | 11/06/1942 | T.F. à perpétuité |
police dans l'exercice de ses fonctions | |||
Even René | activité communiste | 11/06/1942 | 5 ans |
Rolland Jean Albert ? | id | id | 3 ans fusillé Mont Valérien |
Lebrun Rémy | id | id | 2 ans déporté |
Sidobre Bernard | id | id | 1 an |
Quémar Francis | id | id | remis à ses parents liberté surveillée |
Ricollet Joseph | id | id | id |
Daniel Emile | id | id | id |
Le Cham André | id | id | id |
Richard Yves | id | 23/06/1942 | 3 ans contumace |
Kerouanton Lucien | id | id | id |
Averty | id | id | relaxe contumace |
Hervé Raymond | id | id | relaxe |
Pierre Aimé | id | 05/08/1942 | 5 ans T.F. |
Hamon Pierre | id | id | 3 ans |
Perrinel Roger | id | id | 2 ans |
André Jean | id | id | 1 an |
Robert Pierre | id | id | 15 mois |
Gabert François | id | id | 1 an |
Launay Louis | id | id | 1 an |
Perru Laurent | id | id | relaxe |
Berthelot Emile | id | id | relaxe |
Barel Marcel | id | 20/08/1942 | remis à ses parents liberté surveillée |
Lopez Pierre | id | 06/10/1942 | 3 ans |
Galoutoff Joseph | id | id | 3 ans |
Chambrun Joseph | id | id | 4 ans |
Boulanger Louis | id | id | 7 ans T.F. 10 ans I.S. |
Deredec Yves | id | 13/10/1942 | 7 ans T.F. 10 ans I.S. déporté |
Guillenin François | id | id | 2 ans |
Dupont Jules | id | id | 1 an |
Fouillon Etienne | id | id | 1 an |
Cornu François | id | id | 5 ans |
Le Bail Albert | id | id | 5 ans |
Renault François | id | id | 2 ans |
Theuillon Pierre | id | id | 5 ans |
Le Barex Gilles | id | id | 2 ans |
Le Moeme Pierre | id | id | 2 ans |
Gargan Joseph | id | id | 4 ans |
Réolon Victor | id | id | 1 an |
Le Saut Georges | id | id | 1 an |
Coreuff Martial | id | id | 2 ans |
Bernard Louis | id | id | 2 ans |
Lucas Jean | id | id | 5 ans |
Gate | id | id | relaxe |
Richard Yves | id | 27/10/1942 | 2 ans |
Gonnichon Henri | id | id | 5 ans contumace |
Mervaux Henri | id | id | acquitté |
Hédan Joseph | id | id | 15 ans T.F. + 20 ans I.S. par défaut |
Le Bouhert Maurice | id | 10/11/1942 | 1 an |
Drouet Hippolyte | id | 01/12/1942 | 2 ans |
Baron Georges | id | id | 1 an |
Hamon Eugène | id | id | 1 an |
Cadiou Charles | id | id | 3 ans |
Masson Jean | id | id | 2 ans |
Le Berre Yvon | id | id | 2 ans |
Le Goff Mathurin | id | 11/12/1942 | 3 ans |
Helou François | id | id | 1 an |
Prigent Yves | id | id | 2 ans |
Salez Théodore | id | id | 1 an |
Cam femme Salun | id | id | 5 ans |
Requin femme Vadène | id | id | 1 an |
Kulzin femme le Nédelec | id | id | 1 an |
Castel femme Richard | id | id | 1 an |
Moreau Henri | id | id | 5 ans T.F. fusillé |
Nadaine André | id | id | 5 ans T.F. |
Le Bris Charles | id | id | 3 ans |
Lesteven Yves | id | id | 1 an |
Bénard Charles | id | id | 1 an |
Le Guen Louis | id | id | 4 ans |
Le Bec Pierre | id | id | 1 an |
Loirat Claude | id | 18/12/1942 | 1 an |
Lagaric Louis Lagadic | id | id | 5 ans fusillé Mont Valérien |
Lautreden Hervé | id | id | 3 ans |
Guenet Raymond | id | id | 1 an |
Le Calvez Jules | id | id | 1 an |
Stéphan Marcel | id | id | 5 ans |
Salou Jean | id | id | 5 ans |
Vincent Georges | id | id | 3 ans |
Daniel Julien | id | id | 3 ans |
Foucher Emilien | id | id | 2 ans |
Barden Julien | id | id | relaxe |
Danigot Charles | id | id | id |
Paudat Léon | id | id | id |
Thual Pierre | id | id | id |
Bain Pierre | id | 19/12/1942 | 1 an |
Barthélémy Donatien | id | id | 2 ans |
Briand Alexandre | id | id | 1 an |
Dréano André | id | id | 1 an |
Duguy René | id | id | 4 ans |
Gravaille Gilles | id | id | 3 ans |
Le Baron Marcel | id | id | 1 an |
Ogex Jean | id | id | ac. ag. s.s. |
Naltar Eugène | id | id | ac. ag. s.s. |
Hougard Victor | id | id | relaxe |
Le Baron Robert | id | id | relaxe |
Le Roy Francis | tentative de destruction d'édifices habités | 07/01/1943 | 10 ans T.F. |
Le Roy Marie | par substance explosive dans but d'activité | id | 10 ans T.F. |
communiste ou anarchiste | |||
Demay Bernard | activité communiste | 14/01/1943 | 4 ans |
Gaudin Isidore | id | id | 2 ans |
Gérard Gaston | id | id | 3 ans |
Denis Clément | id | id | 1 an |
Philouze Victor | id | id | 1 an |
Renard Emile | id | id | 1 an |
Chalmel Alexandre | id | id | 1 an |
Toquet Charles | id | 21/01/1943 | 5 ans |
Querneau Joseph | id | id | 1 an |
Louarn Théophile | id | id | 1 an |
Le Gall Yves | id | id | 2 ans |
Le Gall Joseph | id | id | 2 ans |
Trolez Jean-Marie | id | id | 1 an |
Bourligot Reit. | id | id | 1 an |
Lecoignec François | id | id | remis à ses parents |
Lerou Bertrand | id | id | relaxe |
Cariou Laurent | id | id | 5 ans |
Cariou Corentin | id | id | relaxe |
Tressard René | id | id | 5 ans |
Guennec Michel | id | id | 3 ans |
Dequelou Pierre | id | id | 3 ans |
Bernard Jean | id | id | 5 ans |
Gouet Joseph | id | id | relaxe |
Lecomte Raoul | id | id | relaxe |
Bernard Yves | id | id | 1 an |
Loubroutin Pierre | id | id | 1 an |
Coic Arsène | id | id | 2 ans |
Baryain Louis | id | id | 1 an |
Sinquer Louis | id | id | 1 an |
Giroux Marcel | id | id | 1 an |
Kerdéanvat Pierre | id | id | 1 an |
Faou Jean | id | id | 1 an |
Mellon | id | id | remis à son père |
Guennec | id | id | relaxe |
Drezen | id | id | relaxe |
André René | id | 04/02/1943 | 5 ans |
Besselli Adrien | id | id | 3 ans |
Busson Jules | id | id | 2 ans |
Cadro Jean | id | id | 1 an |
Grouil Louis | id | id | 2 ans |
Hemery Alfred | id | id | 1 an |
Pichon Jules | id | id | 1 an |
Elodie Roger | id | id | relaxé |
Querné René | id | id | relaxé |
Soubils Yves | id | id | relaxé |
Sculo Maurice | id | id | remis aux parents |
Trouaille A. | id | 04/02/1943 | 1 an |
Dréan Odette | id | id | 2 ans |
Aoustin Joseph | id | 11/02/1943 | 5 ans |
Blandin R. | id | id | 1 an |
Cardin Louis | id | id | 1 an |
Fricaud Max | id | id | 1 an |
Galeine A. | id | id | 1 an |
Hascoet S. | id | id | 1 an |
Hénaff René | id | id | 1 an |
Hernandez | id | id | 1 an |
Jégo E. | id | id | 5 ans |
Jousset R. | id | id | 3 ans |
Lamour H. | id | id | 2 ans |
Le Bideau G. | id | id | 3 ans |
Le Loir L. | id | id | 4 ans |
Miollec | id | id | relaxe |
Izopt | id | id | relaxe |
Mano Marcel | id | id | 3 ans |
Mano René | id | id | 3 ans |
Mano Raoul | id | id | 1 an |
Poirier Yves | id | id | 4 ans |
Serot Roger | id | id | 5 ans |
Thomazeau Marcel | id | id | 7 ans T.F. déporté |
Le Floch Charles Il s'agit de Pierre Le Floch | id | 25/02/1943 | 8 ans T.F. |
Auffret Théodore | id | id | 1 an |
Bertho Emile | id | id | 4 ans |
Breteche François | id | id | 1 an |
Tervier Lucien | id | id | 1 an |
Desmars René | id | id | 2 ans |
Guibaud Marcel | id | id | 1 an |
Lagadec René | id | id | 3 ans |
Hutin René | id | id | 2 ans |
Baudouin | id | id | relaxe |
Bretonnière | id | id | relaxe |
Gorgeau | id | id | relaxe |
Le Floch Pierre Confusion avec Le Floch Charles | id | id | 8 ans T.F. |
Lucas Paul | id | id | 4 ans |
Mahé Pierre | id | id | 4 ans |
Ménager Jean | id | id | 3 ans |
Périco Eugène | id | id | 4 ans |
Pichard Ernest | id | id | 1 an |
Pichon Ernest | id | id | 3 ans |
Pinard Gaston | id | id | 4 ans |
Pililiaire A. | id | id | 1 an |
Plissonneau M. | id | id | 2 ans |
Zellner A. | id | id | 1 an |
Lestenet Hervé | id | 08/03/1943 | 1 an |
Le Bris | id | 11/03/1943 | action publique éteinte |
Le Sergent femme Lebreton | vol dans but activité communiste | id | 5 ans |
Huon Joseph | vol et recel dans but activité communiste | id | 1 an |
Le Sergent femme Lebreton | id | id | 3 ans + 5 ans avec confusion de la |
peine prononcée ce jour | |||
Favennec femme Langlois | id | id | relaxée |
Legoff femme Sijour | vol et recel dans but activité communiste | id | 3 ans |
Huon Pierre | id | id | 2 ans |
Noldez | activité communiste | 15/03/1943 | 5 ans T.F. + 5 ans I.S. |
Tocquet Charles | id | id | 5 ans |
Le Louet Mathias | id | id | 2 ans |
Combet femme Mazou | id | id | 1 an |
Guillonet | id | id | relaxé à ses dépens |
Bonneau lucien | id | id | 4 ans déporté |
Clément Pierre | id | id | 2 ans |
Corbineau Auguste | id | id | 1 an |
Desnos Roger | id | id | 1 an |
Grenouilleau E. | id | id | 2 ans |
Molac Alexis | id | id | 2 ans |
Sauvaget Clément | id | id | 3 ans |
Taillandier P. | id | id | 2 ans |
Bourgeois Pierre | id | id | 2 ans |
Loison Adolphe | id | 15/04/1943 | 1 an |
Mame femme Gomichon | détention armes ou munitions dans but | id | 4 ans morte en déportation |
d'une activité communiste | |||
Laurent Jean | activité communiste | 20/05/1943 | relaxe |
Lemarié Pierre | id | id | 2 ans |
Fallourd Marie femme Chauvin | assistance à une personne en vue de la | id | relaxe |
soustraction d'armes recherchées de | |||
l'autorité publique | |||
Leteinturier Maurice | activité communiste | 17/05/1943 | 1 an |
Hamais Yves | id | id | 1 an |
Barbeau Raymond | id | 12/08/1943 | 4 ans |
Sanchez Jérôme | activité communiste fabrication et usage de | 07/10/1943 | 3 ans |
Henry femme Leguen | fausses cartes d'identité de français | id | 3 ans |
David Yves | tentative d'incendie volontaire | id | 5 ans réclusion |
appui au parti communiste recel et usage | |||
irrégulier de titre de ration. Dans but | |||
activité commerciale | |||
Keverer femme David | id | id | 5 ans par défaut |
Libouarn Albert | id | id | 7 ans T.F. |
Puillandre femme Libouarn | id | id | 7 ans T.F. |
Brient Georges | activité communiste | 21/10/1943 | 1 an |
Grossin femme Hingouet | id | id | 1 an |
Hingouet Christiane | id | id | 1 an |
Guillet Adrien | id | id | 1 an |
Lijour | id | id | 5 ans par défaut |
Péan Marcel enfuite | vol qualifié dans but activité communiste | 28/10/1943 | 5 ans T.F. par défaut |
Cadiou Robert | id | id | 10 ans T.F. 10 ans I.S. par défaut |
Vignou-Balous en fuite | activité communiste | 21/10/1943 | 3 ans |
Jeannic Prosper en fuite | id | id | 3 ans |
Charrier Pierre en fuite | id | 28/10/1943 | 5 ans |
Roy François en fuite | id | 11/11/1943 | 2 ans |
Gonichon Henri en fuite | détention d'armes et munition dans le but | 21/11/1943 | 5 ans |
d'action communiste | |||
Cevalan André | tentative de meurtre sur inspecteur de | 09/12/1943 | T.F. perpétuité par défaut |
police dans l'exercice de ses fonctions | |||
anticommunistes | |||
Charles André | activité communiste recel de malfaiteurs | id | 3 ans |
Le Coz | pour favoriser le communisme | id | 5 ans T.F. |
activité communiste | |||
Cornet Cornée Albert ? | recel de malfaiteurs pour favoriser… | id | 6 mois libéré par Pétri prison de Vitré |
Le Normand | id | id | 6 mois |
Richard Emile | incendie vol paille | id | 5 ans T.F. + 5 ans I.S. mort en déportation |
Anger | id | 13/01/1944 | 5 ans T.F. |
Fleury Jacqueline | recel de malfaiteurs et complicité… | id | 2 ans |
Fleury André | vol escroquerie contrefaçon fabrication | id | 15 ans T.F. |
carte de rationnement contrefaçon et | |||
usage d'un ? | |||
Tomaini Othelle | id | id | 15 ans T.F. |
Bezien Jean | association avec malfaiteurs et détention | id | 5 ans T.F. |
armes pour favoriser la subversion | |||
Le Cam Raymond | id | id | 5 ans T.F. |
Toulgoat François | id | id | 5 ans T.F. |
Argebin Joseph | Vols pendant période ? à l'aide de violences | id | 15 ans T.F. + 10 ans I.S. |
et port d'armes pour favoriser le terrorisme | |||
Cafmat Robert | id | id | 15 ans T.F. + 10 ans I.S. |
Jouanna Théodore | id | id | 15 ans T.F. + 10 ans I.S. |
Jouan Mathurin | id | id | id sans réclusion |
Le Bouler Emmanuel | id | id | 15 ans T.F. + 10 ans I.S. déporté |
Richard Charles | id | id | 15 ans T.F. + 10 ans I.S. |
Dalibard Dalibart André ? | vol qualifié dans but de favoriser | 08/03/1944 | 3 ans libéré par Pétri à Vitré |
la subversion sociale et nationale | |||
Hellegouarch | id | id | 1 an libéré par Pétri à Vitré |
Le Coent | activité communiste | 10/03/1944 | 2 ans |
Dantec | id | id | 1 an |
Corvellec | id | id | 1 an |
Collober | activité communiste recel de malfaiteurs | id | 2 ans |
Bourhis | activité communiste | id | 2 ans |
Lamerer femme Eno | id | 03/04/1944 | 1 an |
Deren | id | id | 1 an |
Brionne Julien | association ou entente établies en vue de | id | 3 ans libéré par Pétri à Vitré |
favoriser action communiste | |||
Carré femme Rubillon | id | id | 18 mois |
Chilou femme Gondard | id | id | 1 an |
Legrand femme Brionne | id | id | 1 an libérée par Pétri à Vitré |
Jama femme Baudoin | id | id | 1 an |
Valmy veuve Paty | id | id | 1 an |
Lepage femme Poirier | id | id | 1 an |
Savary femme Belier | id | id | 1 an |
Richard femme Vallée | id | 19/04/1944 | 1 an par défaut |
Eno André | activité communiste | id | 1 an par défaut |
Derennes | id | id | relaxe |
Choliet | association ou entente établies dans but | id | 5 ans T.F. |
de favoriser activité communiste anarchiste | |||
terroriste ou subversive | |||
Delatre | id | id | 5 ans T.F. |
Mériot André | id | id | 5 ans T.F. libéré par Pétri à Vitré |
Ajouté le 26 octobre 2019
M. Guy Le Floch, de Bouguenais, président de l'ADIRP 44, me signale que son père s'appelait Pierre Le Floch, son deuxième prénom étant Charles, ce qui explique la confusion lors de la retranscription car les deux noms figurent bien sur la liste établie par le CDL 35. Militant communiste déporté à Mauthausen en mars 1944, Pierre le Floch est ensuite transféré à Flossenburg. Le 29 avril 1945, alors que les Allemands évacuent les camps de concentration, il est tué dans une gare de Tchécoslovaquie par un SS qui gardait le convoi. Déclaré "Mort pour la France".