« L'histoire est une manière de nous libérer du passé, ce n'est pas une manière de tirer des leçons du passé du point de vue moral, du point de vue d'une division entre bons et méchants »
« A história é uma forma de nos libertarmos do passado, não é uma forma de retirar lições do passado do ponto de vista moral, do ponto de vista de uma divisão entre bons e maus » (Diogo Ramada Curto, « Comment parler de l'esclavage sans être antiportugais », Público, 24.9.15)

samedi 18 avril 2015

Pierre Duclos n'est plus

Louis-Marie Davy vient de m'annoncer la triste nouvelle. Pierre Duclos nous a quitté la nuit dernière pour rejoindre son copain Glenmor. Les anciens lecteurs et lectrices du Canard de Nantes à Brest auront une pensée émue pour son fondateur et journaliste respecté de tous. Comme les autres membres de l'équipe du journal, je lui dois beaucoup. Ces quelques unes un peu jaunies, qui nous rappellent ce beau mois de mai 1981.

                    
                       





Je retrouve également ce N° 92, avec sa une sur Armand Robin et une bonne critique de Françoise Morvan. C'était au mois d'avril 1981, il y a 34 ans maintenant. C'était avant. A l'époque je me déplaçais beaucoup en Bretagne pour le Canard, et Armand Robin m'était totalement inconnu. Du coup, j'ai tout acheté à la librairie de quelqu'un que j'aimais beaucoup à Quimper : Bernard Guillemot, qui venait de fonder les éditions Calligrammes, qui éditait aussi Grall et Perros. Je ne pouvais désormais plus traverser Plouguernével sans penser à Robin. Plus tard, après la fin du Canard, il en sera de même au Portugal, avec Pessoa, édité par Bourgois et découvert dans Libération.
L'aventure du Canard de Nantes à Brest mériterait assurément un travail de recherche universitaire (Peut-être cela a-t-il été fait ?). Il ne faudrait tout de même pas oublier, et je doute que les rubriques nécrologiques de la presse régionale en fasse état, que Pierre Duclos a été "viré" d'Ouest-France pour avoir fait son vrai travail de journaliste, sans concession. L'émotion était considérable à l'époque.
Pour la première fois, le plus important quotidien régional de France a été en grève et n'a pas paru pendant plusieurs jours par solidarité des journalistes avec Pierre. Ce n'était tout de même pas rien ! Il faut lire à ce sujet les livres sur l'histoire de ce quotidien du regretté Guy Delorme. Ce licenciement a fait l'objet d'un dossier établi par la section rennaise de la Ligue des Droits de l'Homme (Fonds Charles Foulon). C'est à la suite de cette affaire que Pierre Duclos a décidé de créer le Canard de Nantes à Brest, en 1978.








 

























7 janvier 2017
Je viens d'apprendre avec beaucoup de tristesse le décès d'Alain Latimier, lui aussi membre de l'équipe du Canard.