Je retrouve dans mes archives une
lettre, datée du 3 avril 1998, envoyée par Mme A. Morvan : « J’ai
pensé vous adresser une petite anecdote, absolument véridique, susceptible de
vous intéresser. » C’est un témoignage particulièrement émouvant, poignant
même, car il évoque l’acte de résistance d’un Rostrenois, modeste vendeur de
journaux. Cas exemplaire de résistance spontanée, de la part d’un de ceux de la
cohorte des anonymes qui ont sauvé l’honneur de la France, et qui n’ont pas
toujours retenu l’attention des historiens.
L’occupation allemande « s’éternisait
et pesait lourdement sur
le pays », écrit Mme Morvan. Un mardi
après-midi de l’été 1943, elle ne se souvient plus si c’était en
juillet ou en août, mais je pense qu'il s'agissait du 3 août : « le marché habituel battait quand même son plein :
se côtoyant sur la place du Centre, on pouvait voir quelques Allemands dans
leurs uniformes un peu passés (« leur vert devient pisseux » avait
constaté, non sans malice, l’une de mes amies), des cultivateurs de la campagne
environnante : femmes en coiffe et costume breton, hommes abrités par leur
grand chapeau « fisel » ; des vacanciers aussi en toilettes claires
et modernes, et les habitants habituels de notre petite ville. »
![]() |
Marché de Rostrenen |
![]() |
Ardina, statue d'un vendeur de journaux place de la liberté à Porto |
Malheureusement, la question que
se posait cette dame, cinquante ans après, n’a pu être résolue car de tels
actes, un parmi tant d’autres, étaient le plus souvent voués à l’anonymat et leurs auteurs à de
graves sanctions, pouvant aller jusqu'à la déportation.
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